Les enfants et le 0 déchet : on les implique ?

Qu'est-ce que le zéro déchet

Pour faire simple, le zéro déchet est une démarche qui a pour objectif de réduire, voir de supprimer, nos poubelles, aussi bien celle du recyclage que celle de déchets ménagers.

C’est une démarche de plus en plus populaire, et c’est tant mieux. Connaissez-vous les livres et les jeux de la « famille, presque zéro déchet »? Ils ont réussit à ne produire, en un an, qu’un bocal de déchets !

Je suis admirative de cette famille au regard de notre sac poubelle sorti toutes les semaines. Et pourtant, nous sommes déjà hyper sensibilisés sur le sujet. Au point que nos enfants estiment vivre une forme d’injustice vis à vis de leurs copains qui se prennent apparemment moins la tête.

Levée de bouclier des enfants face aux écolo-parents.

Pourquoi impliquer les enfants ?

J’ai parfois eu l’impression de passer pour la méchante du film : pas de compote à boire, pas de gâteaux emballés individuellement, pas de pizzas industrielles suremballées, non aux fast food et leurs tonnes de déchets, non aux goodies dans les pharmacies, non aux jouets en plastoc qui cassent au bout de 2 heures, non aux vêtements neufs, non aux écrans dernier cri …

Dur, dur d’être celle qui dit toujours non, avec comme argument que c’est pour leur bien (futur)

Je serais d’ailleurs curieuse d’interviewer les enfants de ces familles (presque) zéro déchet. Connaitre leur vécu d’enfant, face aux frustrations qu’ils doivent forcément vivre quand ils se comparent à leurs copains.

A une époque où les enfants vivent déjà tellement de frustrations, on pourrait avoir envie de lâcher du lest sur quelque chose, alors pourquoi pas le zéro déchet ?

Dans les moments où j’ai juste envie de baisser le bras et leur acheter un kinder surprise (rappelons que c’est du chocolat plein d’huile de palme, emballé dans du plastique, et contenant un jouet en plastique avec une espérance de vie de 5 minutes), j’essai de revenir au pourquoi de mes efforts.

Personnellement, quelques images choc de bennes déversées dans les océans, d’enfant faisant le tri pieds nus dans les décharges, ou de poissons coincés dans des morceaux de plastique font partie de mes motivations. Vient ensuite mon besoin vital de pouvoir me déplacer dans ma maison, et notamment dans les chambres de enfants, sans marcher sur des objets. J’ai d’ailleurs des sueurs froides chaque fois que je vois des nouveaux objets rentrer. Et puis sortir cette poubelle toutes les semaines, me semble incohérent. Les objets rentrent chez nous, servent peu ou pas, ressortent et sont enfouis ou incinérés. Quel gâchis d’énergie.

Ces pensées suffisent en général à me remettre les idées en place. Ce qui n’enlève pas la frustration vécue par les enfants au moment de dire non au kinder.

Ma fille ainée qui a 10 ans m’a dit un jour de colère : « tu sais maman, même si ça m’agace maintenant toutes tes histoires d’écologie, je crois que quand je serai grande je ferai ça aussi ».

Elle a résumé toute l’ambiguïté de cette démarche, faite de frustrations, de doutes, de choix complexes, de décisions difficiles à l’instant T. Cette démarche prend tout son sens sur le long terme. On lève la tête, on regarde dans quelques années, et on met en perspective la frustration court terme avec les bénéfices long terme.

comment impliquer les enfants

Cette tonne de frustrations, peut à mon sens être atténuée en impliquant les enfants dans la démarche. Les rendre acteurs, pour ne plus subir, mais faire partie de la solution.

Les déchets sont aussi concrets pour les enfants que pour nous. Ils voient les poubelles de la maison, de leur école, comprennent ce qu’il y a dedans.

 

Une première étape est donc de les impliquer dans l’objectif commun de réduire les déchets. Nous voulons, en famille, y arriver, comment est-ce qu’ils s’y prendraient, eux, pour réduire les poubelles ? Ecoutez leurs idées, et aidez-les à les mettre en oeuvre.

Commencez par lister de ce que vous faites déjà, pour valoriser les efforts déjà faits, et vous appuyer sur ces bonnes pratiques pour continuer. Vous avez déjà un composteur ? Bravo, que pourriez-vous faire d’autre ? Les enfants ont plein d’idées, et si elles viennent d’eux, ils seront plus motivés à les faire vivre.

S'inspirer de la méthode des 5R

Vous pouvez ensuite vous appuyer sur les 5 R, une méthode fréquemment utilisée dans la démarche 0 déchet, pour voir avec eux à quel niveau ils pourront s’impliquer.

  • 1. Refuser : C’est l’étape la plus difficile pour nous adultes, et presque mission impossible pour les enfants. Un bonbon au moment de payer au restaurant, un gadget dans une pharmacie, ils n’ont souvent pas cette capacité de résistance à la tentation. Ensuite parce que c’est contradictoire avec l’éducation que nous leur donnons, où souvent c’est mal poli de refuser. Attendre d’un enfant qu’il refuse quelque chose qu’un adulte lui offre c’est trop de responsabilités. C’est à nous d’être acteurs dans cette première étape.
  • 2. Réduire : ici ils ont pleinement la main. Avoir 10 teeshirt au lieu de 20, emprunter des livres à la bibliothèque au lieu de les acheter, se prêter des jouets entre copains, prendre soin de leur matériel scolaire, finir leur dentifrice bien comme il faut, sont des exemples qu’ils peuvent mettre en pratique.
  • 3. Réutiliser : c’est souvent la zone de confort des enfants : laissez leur créativité s’exprimer : réparer et bricoler, faire des travaux manuels avec des déchets, inventer de nouvelles utilisations des matériaux, détourner des vêtements (un short d’été transformé en short avec un collant en hiver), fabriquer leurs jouets avec les matériaux qu’ils trouvent dans la nature …
  • 4. Recycler : Le tri des déchets est une simple habitude à mettre en place, qui ne suscite pas vraiment de frustrations de leur part, alors pas de raison de s’en priver. Vous pouvez les emmener à la déchèterie et observer pendant quelques minutes tout ce que les gens jettent. C’est assez instructif, et effrayant d’ailleurs.
  • 5. Rendre à la terre, composter : Mettre en place un compost ou un lombricomposteur, c’est pédagogique, ludique et très efficace dans la démarche de réduction des déchets. Les enfants peuvent être responsables d’aller jeter les déchets organiques par exemple.

Conclusion

En conclusion, la démarche zéro déchet reste une somme de moments de frustrations court terme qu’il va falloir apprendre à gérer à l’instant T. Mais vivre cette démarche en famille, avec un but commun, et un niveau de responsabilité et d’implication à l’échelle de chacun peut rendre le chemin plus facile pour tous.

Et si vous voulez vivre le zéro déchet de façon ludique et impactante avec vos enfants, allez jeter aux abonnements possibles !

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Célia